Journée d’étude consacrée à Gene Kelly

Appel à contributions pour la journée d’étude consacrée à Gene Kelly que nous organisons au sein de l’Université de Bourgogne au Creusot en novembre 2016. Seules les contributions en français seront acceptées pour cet événement. Merci de noter qu’il ne s’agit pas de notre appel pour le prochain colloque du Festival International de Vidéo Danse de Bourgogne, mais d’un événement distinct. // [ENGLISH] Call for papers for a mini conference on Gene Kelly that we are organizing at the University of Burgundy in November 2016. Only French-language contributions are accepted for this event. Please note: this is not the call for our annual International Screendance Conference, but an additional event.

Avec Fred Astaire, Gene Kelly est indéniablement la personne qui a le plus marqué de son empreinte la comédie musicale du vingtième siècle.

Fred Astaire insistait beaucoup sur la représentation photographique du corps dansant dans son intégralité, sans permettre beaucoup de mouvements à la caméra, et s’il dominait l’élaboration et la mise en scène des passages musicaux où il intervenait, c’était surtout pour mettre le film au service de la danse.

Gene Kelly, à l’inverse, a mieux su appréhender la spécificité de l’interaction créative entre la danse et la caméra. Il a proposé des innovations qui ont intégré la chorégraphie et l’image, tel l’usage de tournages en extérieur, l’animation, le « split screen », les effets spéciaux et diverses techniques de tournage. Il a co-réalisé plusieurs films – Un jour à New York (On the Town, 1949)notamment, qui a joué un rôle important dans la relation entre la caméra et la chorégraphie avant Chantons sous la pluie (Singin’ in the Rain, 1952). Bien que rarement crédité, il a toujours chorégraphié ses propres danses de même que celles de nombreux autres interprètes, et ce même pour les films qu’il n’a pas mis en scène. Il a aussi réalisé lui-même un long-métrage novateur en 1957, Invitation à la danse (Invitation to dance), qui se rapproche davantage d’une œuvre de Michael Powell – type Les Contes d’Hoffmann (The Tales of Hoffmann, 1951) ou Les Chaussons Rouges (The Red Shoes, 1948) – que d’une comédie musicale traditionnelle.

Cette capacité à ne pas seulement penser la danse dans l’image mais également celle de l’image est peut-être ce qui rapproche le plus son travail de l’univers de la vidéo-danse. Il convient bien entendu de ne pas confondre comédie musicale et vidéo-danse, deux genres cinématographiques bien distincts – le premier enrobant ses moments musicaux de longs développements narratifs qui ne doivent pas grand chose aux arts du mouvement, le second plaçant le mouvement au cœur même de son propos dans un échange permanent entre danse et image. Il ne fait cependant pas sens d’ignorer ce qui les relie, notamment au travers du travail d’artistes tels que Gene Kelly.

L’objectif de cette journée d’étude qui lui est consacrée consiste notamment à analyser dans quelle mesure son travail, tant chorégraphique que cinématographique, peut être abordé sous l’angle de la ciné-danse (c’est-à-dire l’interaction créative de la chorégraphie et de la cinématographie en vue de réaliser des œuvres dont la seule raison d’être consiste à être projetées sur un écran). Une relecture de ses créations à travers ce prisme est-elle pertinente ? Qu’est-ce qui relie et qu’est-ce qui distingue son approche de celle ayant cours aujourd’hui au sein du microcosme de la ciné-danse ? Quelle est son influence éventuelle sur notre discipline artistique et que peut-elle nous apporter dans la conception d’œuvres futures ? Est-il possible d’établir un rapport à la comédie musicale qui distingue clairement ce genre cinématographique de la ciné-danse tout en en reconnaissant l’influence ponctuelle, un lien généalogique qui ne serait pas de l’ordre de la filiation / sujétion ?

Telles sont parmi d’autres les questions que nous souhaiterions aborder, sans pour autant fermer la porte à d’autres approches, à d’autres angles d’analyses de l’œuvre du chorégraphe/danseur/cinéaste américain.

La journée d’étude se déroulera le vendredi 18 novembre prochain au sein des locaux du Centre de Vidéo Danse de Bourgogne à l’Université du Creusot.

Les propositions de conférence devront nous parvenir avant le 15 septembre 2016, à info@videodansebourgogne.com(maximum 500 mots), accompagnées d’un CV ou d’une brève biographie. Les interventions (en français) ne devront pas excéder vingt minutes, suivies du temps nécessaire pour échanger avec le public.


Le jeudi soir à proximité du lieu où se dérouleront les interventions :

  • Alain Masson, membre du comité de rédaction de la revue de cinéma POSITIF, donnera une conférence relative à son ouvrage consacré à Gene Kelly (Folio, 2012).

  • La conférence sera suivie de la diffusion du film « Chantons sous la Pluie »

  • Entre ces deux événements, les lauréats du concours « Chantons sous la Pluie » co-organisé par le Centre de Vidéo Danse de Bourgogne et Numéridanse.tv seront désignés et leurs films projetés en avant-programme.

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